
Les brèdes désignent un ensemble très divers de feuilles comestibles de nombreuses plantes. Ce terme est employé dans les Mascareignes depuis le XVIIe siècle. Son étymologie est douteuse : il viendrait de l’indien et signifierait ‘feuille bonne à manger’ (cf. Bernardin de Saint-Pierre, in Voyage à l’Ile de France). Bret, amaranthe en indien, aurait donné bredo en portugais et brède en créole bourbonnais.
Les brèdes sont sautées rapidement avec de l’ail et des épices. Dans la plupart des cas, on utilise les jeunes feuilles ou les bourgeons terminaux de la plante. Cette préparation peut être noyée avec de l’eau. On l’appelle alors ‘bouillon brèdes’ qui sert à humecter le riz.
Le terme « brède » est souvent suivi du nom de la plante concernée:
- Brède morelle ou martin : Solanum nigrum (Morelle). On distingue plusieurs variété de morelle : brède gros grains et brède ti grains;
- Brède bleu, Brède malgache : Solanum nodiflorum Desv.
- brède mourongue ou médaille : jeunes feuilles d’un arbre commun : le Moringa pterygosperma (Moringaceae). cette plante est hypotensive.
- brède parientère : Amaranthe (sp. div.);
- brède mafane : Acmella oleracea cette brède au gout piquant est utilisée pour préparer un plat malgache appelé romazave (aussi dénommé romazava, roumazaf);
- brède cresson,
- brède l’astron : pissenlit;
- brède patate : feuilles de patate douce;
- brède petsaï : variété de chou de chine (Pe-tsaï) (appelé aussi brède chou de chine);
- brède poirée : bette (Poirée) – Beta vulgaris;
- brede citrouille : feuille de citrouilles,
- brède songe : feuilles de colocasie (Taro (plante)), on utilise également la base de la feuille;
- brède chouchou : bourgeon terminal de sechium edule (chouchou);
- brède liseron d’eau : plante originaire d’asie poussant dans les cours d’eau.
anamaIaho, kimotodoha, brède mafana, « Bredy mafana ».
Le nom de « brède mafane » relève du créole et du français régional de Madagascar et des Mascareignes. Si mafane vient effectivement du malgache, brède, lui, viendrait du portugais bredo. En malgache, brède veut dire herbe et mafana veut dire chaud. Selon une autre source, le mot brède viendrait du mot indien « brette » qui signifie « feuille bonne à manger ».
Dans la Région Sakalava du Menabé, Morondava ouest de Madagascar, elle est appelée « Kimalao ». Elle s’utilise avec les viandes grasses avec d’autres brèdes « petsay » et « anandrano », et les Vezos l’utilisent avec du poisson, lemba (merlan) séché.
La brède mafane n’est pas seulement consommée par les Malgaches ou les Réunionnais. Elle a été adoptée par toute l’Asie du Sud-Est. On la trouve couramment dans les épiceries chinoises. Les feuilles peuvent être employées fraîches ou sèches. Les feuilles entières (et les fleurs, selon les goûts) s’utilisent comme base du plat national malgache « le romazava » (appelé parfois, en Europe, roumazaf). Ce plat est aussi très répandu dans l’Archipel des Comores.
La plante est réputée anesthésique, diurétique, digestive, sialagogue, antiasthmatique et antiscorbutique.
Ses capitules sont réputés odontalgiques et antiscorbutiques. Elle est aussi utilisée sous le nom de Jambu dans la cuisine typique de l Etat du Parà en Amazonie brésilienne : canard au tucupi ( jus de manioc) , Tacaca , Cariru