Revenons sur le parcours de Andry Rajoelina actuel président de la république de Madagascar . Né le 30 mai 1974, Andry Nirina Rajoelina est issu de la caste Hova de l’éthnie Merina. Son père, le Colonel Roger Rajoelina était Officier de l’Armée française, puis de l’Armée malgache après l’Indépendance.Il doit son surnom de « Andry TGV » à son appartenance à la bande de jeunes « Troup Gun’s Val » (TGV) fondée avec son ami et cousin Liva Andrianasolo Ramavozatovo.
En 1994, Andry Rajoelina débute sa carrière dans le secteur de l’événementiel, il organise et anime en tant que DJ les soirées dansantes « Live » où se retrouvent le tout-Tana le samedi soir. Il organise ces soirées jusqu’en 2000.
En 1998, grâce à la trésorerie générée par les soirées Live et au financement octroyé par la société de capital-risque Fiaro, filiale de la compagnie d’assurances de l’État ARO, dirigée à l’époque par Pascal Rakotomavo du parti AREMA de Didier Ratsiraka, il créé l’entreprise d’impression numérique et de gestion de panneaux publicitaires Injet.
Injet est la première entreprise à Madagascar à acquérir la technologie d’impression Grand Format ce qui lui permet de rapidement dominer le marché de l’affichage publicitaire.
Il épouse Mialy Razakadisa, fille de la femme d’affaires fortunée Nicole Razakadisa et devient actionnaire de la société de sa femme Domapub, une autre société de gestion de panneaux publicitaires. Injet/Domapub détient alors le monopole de l’affichage publicitaire à Antananarivo.
Dans la foulée est également créée Publi-diffusion, société de sérigraphie sur textiles (t-shirts, vêtements de travail…)
En 2000, il est nominé pour le prix du « Manager de l’année » du magazine L’Eco Austral.
En 2001, il reçoit le prix du « Manager de l’année » du magazine L’Eco Austral.
En 2003, il reçoit le « Trophée du Jeune Entrepreneur » décerné par la banque BNI Crédit Lyonnais Madagascar.
En 2007, il rachète pour 400 millions de MGA (environ 150.000 EUR) la radio et chaîne de télévision Ravinala, propriété de l’homme politique Norbet Ratsirahonana qu’il rebaptise Viva
A la conquête de la Mairie d’Antananarivo
Le 3 novembre 2007, Andry Nirina Rajoelina se porte officiellement candidat à la Mairie d’Antananarivo, capitale de Madagascar et créé l’association ‘Tanora malaGasy Vonona’ ou TGV (traduction : « Jeunes Malgaches prêts »). Il se déclare non affilié à l’opposition.
Le 12 décembre 2007, Rajoelina est élu maire d’Antananarivo avec 63,32% des voix. Le taux de participation est de 40%.
Le 20 décembre 2007, Rajoelina est reçu par le Président Marc Ravalomanana qui le félicite pour son élection.
Le 21 décembre 2007, Rajoelina annonce que la Mairie est endettée à hauteur de 8,2 milliards de MGA (environ 3 millions EUR).
Le 29 décembre 2007, l’oncle de Rajoelina, Jeannet Ramarofidy est placé à la tête du conseil municipal.
Le 5 janvier 2008, à la suite de coupures de l’éclairage public et de l’approvisionnement en eau des bornes fontaines dans la ville par la compagnie nationale d’électricité JIRAMA, Andry Rajoelina réagit sur TV Plus, principale chaîne de l’opposition , il déclare :
« La population d’Antananarivo ne doit pas être sanctionnée pour des raisons de stratégie politique » a affirmé Andry Rajoelina,
En effet, la JIRAMA réclame à la commune des arriéres de paiements s’élevant à 3,3 milliards MGA, déduits de 717 millions MGA de taxe communales, les arriérés sont ramenés à 2,58 milliards MGA (environ 950 000 EUR).
Le 7 janvier 2008, Rija Rajoelina annonce la création de l’association TGV Europe qu’il présidera et qui est l’antenne européenne de l’association TGV.
Le conflit entre Ravalomanana et Rajoelina
Article détaillé : Crise politique de 2009 à Madagascar
Le 13 décembre 2008, le gouvernement de Marc Ravalomanana ordonne la fermeture de la chaîne de télévision Viva TV, propriété de Andry Rajoelina, qui avait diffusé l’interview de l’ancien Président Didier Ratsiraka appelant à l’insurrection contre le gouvernement de Ravalomanana.
Le 17 décembre 2008, Andry Rajoelina demande la réouverture de sa chaîne télévisée, l’ouverture de la télévision et de la radio nationale à des représentants de l’opposition et lance un ultimatum au gouvernement qui expire le 13 janvier 2009 sans réaction de ce dernier.
Le 17 janvier 2009, Rajoelina appelle alors ses partisans à manifester contre le gouvernement sur la place du 13-Mai à Antananarivo.
Le 26 janvier 2009, il organise une autre manifestation anti-gouvernementale qui dégénère en émeutes et en une série de pillages. L’immeuble de la radio télévision publique (RNM) est incendié par les manifestants. Les locaux des entreprises et véhicules du Groupe TIKO appartenant à Ravalomanana sont pillés et incendiés : la radio et télévision MBS, les centrales de distribution Magro, l’imprimerie Blueprint, le journal le Quotidien…
L’Auditorium d’Ankorondrano du parti présidentiel Tiako i Madagascar (TIM) est également incendié.
Plusieurs centres commerciaux (Jumbo Score Ankorondrano, Galerie Zoom, Supreme Center Behoririka…) sont également pillés et brûlés.
Au moins 68 personnes , principalement des pilleurs piégés par les flammes, périssent en moins de trois jours. Cet épisode dramatique a reçu le surnom du « Black Monday » ou « Lundi Noir » par la presse malgache.
Le 31 janvier 2009, Rajoelina se proclame « en charge des affaires du pays » sur la place du 13 mai.
Le 7 février 2009, Andry Rajoelina organise une énième manifestation sur la place du 13-mai et demande à ses partisans de marcher sur le Palais d’État d’Ambohitsorohitra pourtant classé « Zone Rouge » les utilisant comme bouclier humain.
Malgré les sommations d’usages et les négociations avec les forces de l’ordre, les manifestants forcent le corridor de sécurité harangués par Monja Roindefo, le général retraité Dolin Rasolosoa et l’homme en costume gris alias Etienne Andriamahefarisoa.
La suite des évènements est jusqu’à présent très confuse : même si l’on sait que la garde présidentielle a ouvert le feu, des témoignages indiquent que d’autres coups de feu auraient été entendus depuis la foule. D’autres éléments portent également à interrogation, ainsi les Gardes étaient équipés de AK-47 alors que les blessures de certains manifestants laissent penser à des armes de petit calibre, ce qui viendrait confirmer la théorie de tireurs au sein des manifestants qui pourraient être à l’origine de la ruée vers le palais.
Pour faire la lumière sur ces évènements, Marc Ravalomanana annonce la création d’une commission d’enquête internationale.
Le bilan est de 28 morts et 212 autres blessés.
Le 4 mars 2009, des affrontements entre des manifestants pilleurs d’Andry Rajoelina et les forces de l’ordre à Ambositra font deux morts par balles parmi les manifestants et plusieurs blessés de part et d’autre.
Le 6 mars 2009, Andry Rajoelina, sous le coup d’un mandat d’arrêt, se réfugie à l’ambassade de France.
Le 11 mars 2009, les militaires mutins du Capsat favorables à Andry Rajoelina s’emparent du Ministère de la Défense Nationale et forcent le Ministre, le Vice-Amiral Mamy Ranaivoniarivo à démissionner.
Le 16 mars 2009, le Capsat, des éléments mutins de l’armée malgache, partisans d’Andry Rajoelina, prennent d’assaut et s’emparent le Palais Présidentiel d’Ambohitsorohitra gardé par des éléments de la Garde Présidentielle. Les rafales de mitraillette, les tirs de canon et de roquette durent plusieurs heures. On ignore toujours à ce jour s’il y a eu des victimes.
Le 17 mars 2009, les militaires du Capsat s’emparent du Palais d’Iavoloha où se réfugiait le Président Marc Ravalomanana. Les coups de feu durent plusieurs heures. On ignore également à ce jour s’il y a eu des victimes.
Ce dernier assiégé et avant de quitter le pays dissout son gouvernement et signe une ordonnance (Ordonnance n°2009-001 du 17 mars 2009) pour transférer le pouvoir exécutif à un Directoire Militaire chargé d’organiser des élections sous deux ans.
A l’épiscopat d’Antanimena où se déroule une réunion d’information sur ladite ordonnance, les officiers censés dirigés le Directoire sont pris à parti par les militaires obéissant à Andry Rajoelina. Ils sont capturés et transférés manu militari au camp du Capsat.
A leur sortie du Camp Capsat, les officiers capturés insistent sur le fait qu’ils n’ont pas fait l’objet d’intimidations et annoncent qu’ils ont signé une ordonnance (ordonnance n°2009-002 du 17 mars 2009) qui transfèrerait le pouvoir exécutif à Andry Rajoelina. Ce dernier s’autoproclame alors le 17 mars 2009 président de la Haute Autorité de Transition de la République de Madagascar et signe l’ordonnance n°2009-003 qui porte création de la Haute Autorité de la Transition (HAT) et la suspension du Parlement démocratiquement élu.
Le 18 mars 2009 la Haute Cour constitutionnelle (HCC) dans son Acte 79-HCC/G du 18 Mars 2009 valide ces transferts. Pourtant, selon d’autres juristes malgache, cette dernière n’aurait pas vocation à ce genre de validations et le 28 avril 2009, des militaires favorables à Andry Rajoelina prennent d’assaut les locaux de la HCC.