Le mouvement environnemental à Madagascar a véritablement débuté en 1985, avec une conférence internationale composée de scientifiques, d’organismes de financement internationaux et des représentants du gouvernement malgache. Les biologistes considéraient déjà

Madagascar comme une oasis abritant une flore et une faune unique. Mais la dégradation et les incendies de forêts menaçaient ces trésors. Devant l’ampleur des désastres,  les organismes financiers internationaux et le gouvernement malgache se sont réunis pour planifier un programme de conservation.

En 1989, Madagascar avait d’abord mis en place un plan d’action environnemental pour l’ensemble du pays, qui a donné lieu à l’organisation d’une journée pour «  la conservation de la biodiversité pour les 20 prochaines années ». Le premier ordre du jour concernait la création d’un réseau de parcs nationaux, appelé  Association Nationale pour la Gestion des Aires Protégées (ANGAP), puis la définition  d’un programme permettant à  l’ANGAP de travailler sur la création de nouveaux parcs et de nouvelles formations du personnel.

Beaucoup de changements ont eu lieu depuis. Ainsi, on compte aujourd’hui plus de 14 parcs nationaux, alors qu’il n’y en avait que deux en 1985. Au cours des cinq premières années du Plan d’action pour l’environnement, cinq sites ont été choisis pour la conservation intégrée et pour des projets de développement. Les parcs nationaux ont été officiellement cartographiées et enregistrées, et des équipes ont été formées pour travailler dans les projets. Dans le même  temps,  des manifestations ont été organisées auprès des populations locales qui vivaient à l’intérieur du parc national de Andohahela ou dans les environs pour promouvoir des activités économiques alternatives à celles qui causaient la destruction des forêts, telles que l’apiculture, la pisciculture et la foresterie.

Vers la fin des années 1990, les actions sont passées des parcs nationaux vers une approche régionale. Cette vision plus large a commencé avec les études biologiques, botaniques et anthropologiques  des vastes étendues de désert reliant les parcs, en particulier dans le corridor forestier  de Ranomafana, et au sud entre l’Andringitra et le corridor forestier reliant le nord de Mantadia avec Zahamena. Cette cartographie a été fournie grâce au Systèmes d’information Géographique (SIG) et la mise en place d’une surveillance écologique.

En 2003, lors d’une Conférence mondiale, le président Ravalomanana a annoncé un plan audacieux visant à multiplier par trois les aires protégées. Actuellement, seul 10% de la surface de Madagascar est couverte de végétation naturelle  dont 3%  est protégée dans les parcs nationaux, forêts classées et réserves naturelles.

Cette initiative de tripler les aires protégées a été adoptée dans le but de faire reconnaître plus de sites comme « patrimoine mondial de l’UNESCO ». Actuellement, le Parc National de Ankarana, du Tsingy de Bemaraha est reconnu  comme faisant parti du patrimoine mondial. Et en 2003, le gouvernement a initié un plan visant à désigner un groupe de forêts tropicales de l’Est comme un autre site du patrimoine.