De 70 à 110 % est le taux d’inflation à Madagascar sur les produits de première nécessité et les médicaments.

Le gouvernement comme à son habitude fait semblant de nier cette hausse en accusant le contexte international et Dieu et tous ses saints plutôt que d’avouer son immense incompétence. La fluctuation est telle que la moindre rumeur de pénurie suffit à augmenter le prix en quelques heures. La spéculation sans aucun contrôle et des opérateurs économiques sans scrupules sont les principales causes de cette hausse. La hausse des matières premières ne justifie en aucun cas un tel foutage de gueule des consommateurs.

J’ai demandé à une épicière pourquoi les clients ne se plaignent pas de ces hausses successives. Elle a répondu que la première raison est que ce sont des petites hausses qui se produisent à quelques semaines d’intervale et donc, la pilule est forcément plus facile à avaler. La seconde est que la majorité de ses clients contractent des dettes pour leurs achats et ils ne se rendent pas compte au paiement final. Le principal problème du secteur alimentaire est qu’il n’y a que quelques opérateurs qui possèdent un monopole absolu. Et ils se connaissent très bien entre eux ce qui leur permet de s’entendre sur les prix.

Un médicament contre l’hypertension tel que l’Ecazide coutait aux environs de 30 000 ar et actuellement, on doit l’acheter à plus de 46000 ar, soit une hausse de 65 % sur l’un des principaux médicaments prescrits contre cette maladie. Quand vous demandez au pharmacien la raison d’une telle différence, il répondra :  » Ah ! mais, ce médicament est différent puisqu’il contient 30 comprimés au lieu des 28 dans l’ancienne boite… » Et il ose le dire le plus sérieux du monde. A croire qu’il trouve normal que le prix a quasiment doublé pour deux comprimés de plus. Ce pharmacien me répond que cette hausse était effective depuis le début de l’année, mais que les anciens stocks ont permis de vendre à l’ancien prix, mais il y aura une autre hausse dans les prochains mois…

Les soins médicaux étaient déjà un secteur chaotique, mais aujourd’hui, les médecins privés appliquent le tarif qu’ils veulent sans tenir compte des barêmes en vigueur. Les hopitaux qui arrivaient à survivre grâce aux subventions de l’Etat sont réduit à pratiquer des tarifs exorbitants sans compter que la corruption y règne en maitre absolu. En fait, certains hopitaux ressemblent au stationnement de Fasan’y Karana dans la mesure où vous êtes assaillis par des Mpanera qui tentent de vous grapiller le moindre billet en échange de faveurs pour accéder rapidement aux différents services.