Dilemme pour les pétroliers : la hausse ou la faillite.
Mardi 21 février 2012
Le prix du carburant devrait coûter au moins Mga 600 le litre, c‘est la hausse minimale que devraient faire payer les pétroliers s’ils appliquent la vérité des prix. Ce chiffre donné par un opérateur pétrolier montre à quel point le gel des prix du carburant que l’État a décrété depuis presqu’un an maintenant, risque d’être catastrophique pour notre pays et pour l’économie. Mais cette hausse ne va pas être appliqué en une fois, ils pensent procéder par palier pour eviter une explosion de l’inflation et de là, une explosion sociale ! C’est le cauchemar du pouvoir public quand il y a crise dans un pays.
Mais l’Etat ne veut pas changer d’avis et continue à geler les prix à la pompe. Ce qui n’arrange pas du tout les pétroliers qui annoncent avoir perdu 150 milliards en 2011 alors que la subvention donnée par l’Etat n’est que d’une dizaine de milliards seulement. Ce qui fait que le problème reste entier. Il risque même de conduire à une possible rupture d’approvisionnement en carburant alors que le secteur pétrolier est jusqu’à maintenant un des rares secteurs privatisés qui ont montré une amélioration notable.
S’ils continuent toujours à fonctionner à perte, les pétroliers ne pourront plus financer les importations de carburant et les autres services comme la distribution auprès des consommateurs. Une augmentation des prix à la pompe n’est souhaitée par personne, sauf les pétroliers. En effet, une telle perspective exercera un effet domino sur l’inflation des prix, surtout celle des PPN ou Produits de Première Nécessité. L’Observatoire du riz a noté que peu de temps avant le passage du cyclone Giovanna, le prix moyen du riz sur tout le territoire a dépassé les 1300 Ar.
Aux effets catastrophiques du cyclone si on ajoute encore une hausse des prix du carburant, l’inflation suivra rapidement une courbe ascendante. Néanmoins la situation des pétroliers est maintenant telle que c’est le pays en entier qui pourrait ne plus avoir bientôt une goutte de carburant.
En plus de l’inflation catastrophique, une telle possibilité aura des conséquences désastreuses sur le plan socio-économique, voire politique. Comme exemple, on peut citer l’arrêt des centrales thermiques de la Jirama et de ses fournisseurs par manque d’énergie. Il y aura de nombreux délestages qui toucheront de nombreux secteurs de l’industrie, la santé etc.
Ce n’est pas un scénario qui relève de l’irréalisme car maintenant tous les ingrédients pour le rendre réel sont présents.
Les pétroliers affirment qu’ils ne possèdent plus de ressources suffisantes pour payer la Taxe sur les produits pétroliers ou TPP. Cela met à mal les finances de l’Etat car les taxes que les pétroliers doivent payer sont très importantes. Mais les pétroliers font la sourde oreille et refusent de payer quoi que ce soit.
En juillet 2011, il y avait déjà un appel du Trésor public aux différents acteurs du gel des prix à la pompe, à savoir le ministère chargé de l’Énergie, celui des Finances et du Budget, l’Office malgache des hydrocarbures (OMH) et les compagnies pétrolières à négocier autour d’une table pour trouver des solutions. Mais il est resté lettre morte, des solutions n’ont pas encore été trouvées jusqu’à maintenant.
Des millions de dollars de taxes durant l’année fiscale 2010 dans le secteur minier
Le rapport de l’EITI (Initiative pour la transparence dans les industries extractives) misera sur 95% de la totalité des impôts du secteur d’extraction. Ce rapport inclura l’exercice 2010.
118 millions de dollars, c’est le montant total des impôts et parafiscalités du secteur d’extraction malgache que l’EITI a prévu dans son rapport d’audit de 2012 qui va prendre en compte l’exercice fiscal 2010. Cette somme comprend les 100 millions de dollars que la société chinoise WISCO, acronyme de Wuhan Iron and Steel Corporation, a versé, initiateur du projet visant à exploiter le fer de Soalala. Les 18 milliards de dollars qui restent sont issus de sept autres compagnies minières et pétrolières dont deux seulement sont productives.
Actuellement, cinq compagnies ont déjà confirmé leur contribution. On demande donc au gouvernement de prendre des mesures de sensibilisation et de communication. Selon Judicaël Tahiny Tsarabory, secrétaire exécutif d’EITI Madagascar, lors d’une conférence de presse, le comité national de l’EITI a eu une réunion le 26 janvier dernier et à l’issue de cette réunion, on a décidé que le seuil de matérialité est fixé à 95% c’est-à-dire que le prochain rapport édité à la fin du mois de juin 2012 misera sur 95% de la totalité des impôts et parafiscalités du secteur d’extraction malgache. Et Tsarabory de continuer que huit compagnies qui forment les principaux contribuables, donc qui ont effectué des paiements significatifs ont été choisis pour accéder à ce seuil. Cinq d’entre eux ont déjà confirmé leur collaboration volontaire. Le rôle du gouvernement est de sensibiliser et de communiquer pour que les autres compagnies s’y impliquent aussi.
A partir de cette année, le rapport d’audit sera présenté annuellement. Il comprendra également, la parafiscalité comme les frais d’administration minière et ceux de formation, de même que les dons.
Aucun cahier de charges sociales et environnementales ne décrit les réalisations ou celles que la société elle-même emploie dans le cadre de ses occupations.
Etant donné que les TOP 10 du secteur minier et pétrolier de Madagascar ne réalisent pas encore de bénéfice, les impôts mentionnés dans le rapport porteront, entre autres, sur les droits de visa et les impôts sur les salaires.
Si elles sont encore dans la phase de recherche, les compagnies ne payent aucune taxe, il en est de même dans la phase de construction. Lors de la phase d’exploitation, elles jouissent encore d’une période de grâce qui va de 5 à 10 ans pour la récupération de charges. C’est seulement à la fin de cette période, après que leur investissement soit récupéré, que les compagnies paient l’IBS.
Investissement : Madagascar pays à haut risque
Depuis le coup d’état de Mars 2009 du putchiste Andry RAJOELINA, le climat économique de la grande île ne cesse de se détériorer. Tandis que corruption, situations non droits, et trafic en tout genre (bois de rose, pierres précieuses, exportations illicites) sont en augmentation croissante.
Les institutions de contrôle mises en place par le président légitime, Marc RAVALOMANANA à des fins de contrôle (BIANCO) ont perdu de leur efficacité. Si certains trafics sont enquêtés, les vrais responsables échappent aux poursuites en raison de la corruption endémique régnant.
Il existe une véritable guerre des gangs entre des entités chargées du respect d’un état de droit : les services de police ou les magistrats.
En effet, l’illustration la plus récente est l’assassinat du substitut du procureur de Tuléar par les services de police sous prétexte de corruption. Il s’agit bien de l’illustration d’un Etat de non droit en pleine dérive totalitaire où les forces armées arrivent à s’en prendre aux représentants de la loi.
Un tel Etat ne mérite pas la reconnaissance internationale et encore moins que des investisseurs prennent le risque d’investir à Madagascar.
Délestage : des conséquences graves
L’année 2011 a été un véritable enfer pour les industries et les foyers malgaches. Petites, moyennes et grandes entreprises, jusque dans les petites exploitations privées ont payé cher les conséquences de coupures incessantes d’électricité entreprises par la JIRAMA.
Une grande perte financière, d’emplois et de production, sont parmi les dégâts engendrés par le délestage. Des millions d’Ariary sont nécessaires pour la réparation des machines alors qu’un industriel a avoué avoir eu un manque à gagner de plus de 43 millions d’Ariary. La détérioration de ces outils entrainent donc une énorme dépense en plus pour les sociétés qui n’ont plus les mêmes rentrées d’argent avec les coupures.
Selon un membre du Syndicat des industries de Madagascar, après une coupure d’une durée assez longue, dès le retour de l’électricité, la haute tension crée encore plus de dégâts sur les outils restant.
Devant cette situation qui a sévit pendant presque toute l’année 2011, l’Etat semble n’avoir aucune solution à proposer aux industriels qui sont un facteur important dans l’économie de Madagascar. Les opérateurs économiques ont déjà demandé une proposition d’aide au gouvernement mais la requête semble avoir été mise aux oubliettes.
La JIRAMA a annoncé cependant de son côté l’arrivée d’une centrale mobile de 42 mégawatts que l’Etat loue à une société écossaise, Agrreko et une éolienne qui produira dans les 50 mégawatts pour booster la production d’électricité. Cela ne semble pourtant pas satisfaire les industriels qui espèrent une plus grande et permanente solution.
Pour les membres du bureau du groupement des entreprises de Madagascar (GEM), ce ne sont que des solutions provisoires qui seront peut être applicable durant une année. Donc il faudrait trouver à chaque fois une autre alternative.
Quoi qu’il en soit, la JIRAMA et l’Etat ont promis en fin d’année 2011 que le délestage n’existera plus pour cette année 2012. Tout le monde attend qu’ils tiennent leur promesse.
HAUSSES DES PRIX DE CARBURANTS
Durant la crise, le prix du carburant n’a cessé d’augmenter dans les stations services. La hausse atteint de 200 Ariary pour le gasoil et 210 Ariary pour l’essence.
L’essence ordinaire a dépassé la barre de 3000Ariary tandis que le litre du super est à 3140Ariary.
Auparavant, la hausse n’était que de 50 à 100 Ar. Cette hausse des prix va provoquer une inflation plus importante et désordre surtout aux automobilistes.
D’après les Pétroliers, cette hausse a deux principaux raisons; l’une est la dévaluation de l’Ariary c’est-à-dire la hausse du dollar Américain contre l’Euro, l’autre c’est à cause de cours du brut sur le marché international.
En bref, la situation économique est déjà terrible pour les Malgaches. La question se pose où sont passés les responsables?ou le gouvernement est incapable de gérer convenablement la crise?